Entreprise Individuelle (EI)

L’entreprise individuelle (EI) est une forme juridique permettant à une seule personne d’exercer une activité professionnelle en son nom propre, sans créer de société distincte. L’entrepreneur et l’entreprise ne forment donc qu’une seule entité juridique.
Depuis 2022, l’EI bénéficie d’une séparation automatique du patrimoine professionnel et personnel, ce qui protège les biens privés en cas de dettes liées à l’activité.
Ce statut est particulièrement adapté aux freelances, artisans, consultants et prestataires de services recherchant une structure simple, peu coûteuse et rapide à mettre en place.

Avantages de l’Entreprise Individuelle

  • Mise en place rapide et gratuite ou peu coûteuse.
  • Cadre flexible pour tester ou lancer une activité.
  • Possibilité d’opter pour l’IS pour optimiser son imposition selon les revenus.
  • Protection du patrimoine personnel depuis 2022, un atout majeur.

Conditions liées à l’activité et seuils (quand EI = micro-entreprise / auto-entrepreneur)

  • Pour pouvoir bénéficier du régime simplifié (souvent utilisé pour une EI “micro-entreprise”), le chiffre d’affaires hors taxes (CA HT) annuel ne doit pas dépasser :
    • 188 700 € pour les activités de vente de marchandises, vente à consommer sur place, fourniture de logement ou hébergement.
    • 77 700 € pour les prestations de services (BIC ou BNC) ou les professions libérales.
  • Si l’entreprise exerce une activité mixte (commerce + services), le CA global ne doit pas dépasser 188 700 €, et la partie liée aux services ne doit pas dépasser 77 700 €.
  • Si vous créez l’entreprise en cours d’année, un plafond proratisé s’applique (le plafond est ajusté au prorata des jours d’activité).

Régime « micro-fiscal / micro-entreprise » (cas le plus simple pour une EI)

  • Les recettes encaissées sont déclarées dans la déclaration d’ensemble des revenus (case 2042-C-PRO).
  • L’administration applique un abattement forfaitaire automatique (pour déterminer le revenu imposable) selon l’activité :
    • 71 % pour les activités de vente/commerce et d’hébergement (hors location meublée tourisme).
    • 50 % pour les prestations de services BIC (artisanat, services commerciaux).
    • 34 % pour les professions libérales / BNC.
    • Attention : cet abattement minimal ne peut pas être inférieur à 305 €.
  • Option possible pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu : l’impôt est alors payé en pourcentage fixe du CA, en même temps que les cotisations sociales.
    • Taux (2025) : ~ 1 % pour les activités de vente, ~ 1,7 % pour les prestations de services BIC, ~ 2,2 % pour les activités BNC.
  • Si le CA dépasse les seuils micro, ou si l’entrepreneur opte pour un régime “réel”, l’imposition se fera sur le bénéfice réel, et il sera possible de déduire les charges réelles (frais, amortissements, etc.).

TVA & obligations liées

  • Avec la micro-entreprise, l’entreprise bénéficie généralement d’une franchise en base de TVA : elle ne facture pas la TVA tant que le CA reste sous des seuils spécifiques.
  • Seuils de franchise en base de TVA (2025) :
Type d’activitéSeuil franchise TVASeuil majoré / tolérance
Vente / négoce / logement / hébergement85 000 €93 500 €
Prestations de services / professions libérales (BIC/BNC)37 500 €41 250 €
  • Dès que ces seuils sont dépassés (majorés), l’entreprise devient redevable de la TVA (c’est-à-dire qu’elle doit la facturer à ses clients et la reverser).

Social & régimes : cotisations, protection, etc.

  • En tant qu’indépendant, l’entrepreneur relève du régime des travailleurs indépendants pour les cotisations sociales (santé, retraite, etc.).
  • Les cotisations sociales sont calculées sur le CA (et non sur un bénéfice réel dans le régime micro) selon un taux applicable.
  • Si l’entrepreneur débute, il peut bénéficier d’aides ou d’exonérations sociales (selon le dispositif en vigueur).

En pratique : à quoi faire attention

  • Si vos revenus augmentent et dépassent durablement les plafonds (CA ou TVA), il peut être pertinent de passer au régime réel pour bénéficier de la déduction des charges.
  • Le choix entre impôt sur le revenu + abattement vs versement libératoire doit être réfléchi selon votre niveau de CA, vos charges, et votre foyer fiscal.
  • Surveiller les seuils pour la TVA, surtout si vous vendez à des entreprises ou des clients professionnels (le passage à la TVA change la facturation).

Synonymes / Formes proches

  • Entrepreneur individuel
  • Entreprise en nom propre
  • Travailleurs indépendants (terme générique, non strictement équivalent)

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